Ce relief est l’une des plus remarquables
figurations de Baal-Hadad,
‘ Chevaucheur des nuées ’ et
‘ Seigneur de la terre ’.
Le dieu de l’orage brandit de la droite
la masse qui fracasse les nuages ;
l’éclair accompagne les averses orageuses
qui fertilisent la campagne.
La divinité suprême de ce panthéon
de plus de 200 dieux et déesses était El,
représenté sous les traits d’un vieux sage
à barbe blanche, et volontiers éloigné
des humains à l’inverse de Baal. A295
Pour les Cananéens, seul Baal pouvait les préserver de la sécheresse et de la mort, incarnée par le dieu Môt. Il semble que la religion ougaritique présentait de nombreuses similitudes avec celle des Cananéens voisins.
Les textes de Ras Shamra attestent
des effets dégradants du culte de
ces divinités, l’accent étant porté
sur la guerre, la prostitution sacrée
et le sexe, avec l’avilissement
social qu’on imagine.
A Ougarit,
on est loin du sommet
moral, éthique,
atteint dans la Bible.
Dés lors, les lois données à l’Israël antique, qui condamnaient notamment la magie et l’astrologie A290, la bestialité (Lévitique 18:23) ou la lacération rituelle (1 Rois 18:26 ; Lévitique 19:28), étaient comme un rempart contre la bassesse du culte de Baal.
A de nombreuses reprises le texte biblique mentionne « les Baals et les images d’Ashtoreth », que les Israélites servirent après avoir abandonné YHWH (1 Samuel 12:10).
Cette appellation générale s’applique aux divinités du panthéon cananéen, dont l’iconographie et l’onomastique sont actuellement mieux connues.
Le texte de Juges 10:6 confirme l’exactitude
des données géographiques :
« Ils se mirent à servir […] les dieux de Syrie,
de Sidon [Phénicie], de Moab, des fils d’Ammôn [Jordanie], et des Philistins ». A291
Stèle représentant le dieu de l’orage Adad
AO 13092
Epoque de Teglat-phalasar III 744 - 727 av J.-C.
Richelieu Mésopotamie salle 6
Le terme habBaal est appliqué à ces faux dieux.
L’expression habBealim (les Baals) se rapporte aux diverses divinités locales considérées comme des ‘propriétaires’ ou des ‘seigneurs’. Le mot apparaît une seule fois dans les Ecritures grecques où il est précédé de l’article féminin (Romains 11:4). Commentant cet emploi, John Newton dit que « dans le culte licencieux de ce dieu androgyne, les hommes portaient des vêtements féminins, tandis que les femmes étaient habillées en hommes et brandissaient des armes » A292
La Bible établit à plusieurs reprises un rapport
entre les corps célestes et le culte de Baal.
- 2 Rois 17:16.
Baal brandissant le foudre AO 11598
XIVe - XIIe siècles avant J.-C. , port d’Ougarit
salle B vitrine 8
Cippe AO 4818
Sully salle 18 b
La dédicace bilingue en grec et phénicien, « A Melquart, Baal de Tyr », de cette petite colonne en marbre,
est à l’origine du déchiffrement du phénicien-punique en 1758.
Sous l’influence de sa femme païenne Jézabel, le roi Achab introduisit en Israël un culte de Baal différent :
celui de Melqart, le Baal de Tyr. 1 Rois 16:30-33
Josèphe parle d’Ethbaal, père de Jézabel, sous le nom d’Ithobal et précise qu’il fut d’abord prêtre d’Astarté avant d’assassiner le roi pour le remplacer sur le trône. A294
Les Hébreux apprirent le culte de Baal par les agriculteurs cananéens.
(Juges 2:11).
Au début de la saison des pluies,
le retour à la vie de Baal pour retrouver le trône et pour s’unir à sa parèdre était célébré par des rites de fécondité immoraux, caractérisés par des orgies sexuelles sans bornes.A293
Terres de Moab au sud de l’Arnon
www.biblélieux
Cette lutte spirituelle ayant pour enjeu le cœur des Israélites dura des siècles, depuis l’arrivée dans les plaines de Moab jusqu’à la déportation à Babylone. D’un côté la crainte superstitieuse et les rites sexuels, de l’autre la foi et la fidélité envers le vrai Dieu. Un conflit qui sert d’exemple et d’avertissement pour le chrétien. - 1 Corinthiens 10:11.
On a pu noter des similitudes entre les textes de Ras Shamra et la Bible. Mais ce rapprochement est purement littéraire et non spirituel. A Ougarit, on est loin du sommet moral, éthique, atteint dans la Bible.