Le Livre des morts est parmi
les plus anciens textes religieux
de l’humanité.
Ce recueil de formules et d’incantations est destiné à guider l’âme dans l’au-delà et à la protéger des dangers qui la menacent. Les papyrus, glissés dans le sarcophage ou dans les bandelettes de la momie, décrivent les pérégrinations de l’âme après la mort. Notez le jugement du mort au chapitre 125. La nécessité de l’union dans l’au-delà de l’âme (ba), de l’esprit (akh) et du corps est particulièrement marquée. AE29
Anubis, le dieu à tête de chien, place dans le plateau gauche de la balance le cœur du défunt représentant son âme, et dans l’autre plateau Maât, déesse de la Vérité et de la Justice, symbolisée par une plume. Thot inscrit le résultat de la pesée sur sa tablette avant de la communiquer à Osiris. Si l’arrêt est favorable AE30, l’âme s’en ira goûter la félicité auprès des dieux -.
Les Egyptiens divisaient la personne en trois entités : Le ka, le ba, et le akh. Le ka était la copie spirituelle du corps physique. Après la mort, le ka quittait le corps et habitait la tombe. Le ba symbolisait la personnalité du défunt et il était représenté par un oiseau à tête humaine. Le akh germait de la momie tandis que des incantations étaient récitées. Le akh habitait le monde des dieux. AE31
Papyrus funéraire de Sérimen E 17400
Sully salle 13 vitrine 11
Très pauvre en textes, ce payrus est surtout orné de représentations tirées du livre des morts.
Notez en bas l’âme du mort, sous la forme d’un oiseau, qui vole au-dessus de sa momie veillée par les déesses.
Cette « âme » porte la partie supérieure d’une croix ansée, car pour les Egyptiens, la mort n’est qu’une coupure dans la vie.
Comme les Babyloniens, ils croyaient en l’immortalité de l’âme. Ces images évoquent aussi les scènes du « jugement dernier » du porche central de Notre-Dame.
Portail du Jugement Dernier
Façade de la Cathédrale Notre-Dame, Paris
Au milieu de ce portail central :
la Pesée des Ames.
Les élus sont emmenés au ciel
par des anges, les réprouvés entraînés
en enfer par des démons.
Dans la pointe, le Christ est assis
sur son tribunal.
La croyance en l’immortalité de l’âme et ses variantes ont été façonnées par un même concept babylonien. La mort était considérée par les théologiens chaldéens comme le passage à une autre forme de vie AE32. C’est aussi un produit de l’esprit grec, qui doit son élaboration et son développement dans la pensée occidentale au philosophe Platon AE33, tandis que l’espérance d’une résurrection appartient à la pensée juive AE34.
La philosophie grecque va faire pénétrer cette notion d’âme immortelle chez les théologiens. Mais c’est une perversion totale
Toute la pensée chrétienne va être déviée à partir de cette mutation provenant de la philosophie grecque et des cultes orientaux.
Jacques Ellul AE34
Spinoza choquait juifs et chrétiens en découvrant que la notion d’immortalité de l’âme était totalement étrangère à l’Ancien Testament [...].
C’est par cette idée d’immortalité que l’Egypte se distingue le plus des autres cultures.
Jan Assmann AE32
Tête de saint Augustin
RF 1640
Denon salle C vitrine 32
L’enseignement selon lequel
l’âme serait immatérielle
est le fruit d’un long développement de la philosophie chrétienne
sous la réflexion d’Origène et de saint Augustin (354-430).
Ce théologien, père et docteur de l’Eglise,
est l’auteur des Confessions et
de la Cité de Dieu AE36
La notion de l’immortalité de l’âme ne semble pas biblique.AE35
Les termes originaux employés dans les Ecritures (héb. nèphèsh ; gr. psukhê) utilisés à propos des créatures terrestres désignent toujours ce qui est matériel, tangible, visible et mortel.