Ces deux cylindres d’argile conservent l’histoire de la construction du temple de Ningirsu.
Le cylindre B nous apprend que ce dieu vivra désormais dans son sanctuaire avec son épouse, auprès de laquelle, à chaque nouvel an, au cours de la cérémonie du Mariage Sacré, il renouvellera l’enfantement du monde et fera repartir le Soleil pour une nouvelle course annuelle.
La date du Nouvel An varie dans le temps et suivant les pays, mais on note toujours d’étroites et surprenantes analogies dans les coutumes liées à cette célébration. A137
Rituel du Nouvel An à Babylone MNB 1848 Non exposé
La tablette décrit une grande partie des cérémonies qui se déroulaient au début de chaque année. C’est la plus ancienne mention d’une fête du Nouvel An que nous connaissions.
A Babylone l’année commençait vers l’équinoxe de printemps au mois de mars. La fête du Nouvel An, l’Akîtu, la plus importante et la plus solennelle du calendrier babylonien résultait de la confluence de deux courants de pensée religieuse : un culte de la fertilité qui se rattachait au rite du ‘mariage sacré’, et un concept cosmogonique qui impliquait une remise en cause annuelle de l’ordre du monde.
Les 11 jours de fête étaient centrés sur le culte de Mardouk. Tous les grands dieux du pays, par le biais de leur statue de culte, venaient lui rendre hommage A139 . Les cérémonies incluaient des rites de caractère magique et d’exorcisme pour expulser les « démons du chaos ». Parmi les temps forts de la fête prenait place la récitation et la mise en scène du Poème babylonien de la création.
Une allusion à la procession de l’Akîtu est faite en Isaïe 46:1 : « Bel s’est courbé, Nebo s’effondre. Leurs idoles sont confiées aux animaux et aux bêtes de somme. »
Ces dieux ne seront plus transportés avec honneur mais traînés comme de vulgaires bagages.
Le 8ème jour marquait le début officiel de l’année. Les rois étaient alors intronisés lorsqu’ils prenaient la main de la statue d’or de Mardouk. A140
Cette célébration d’un Nouvel An se retrouve en Egypte puis à Rome.
Hâpy E 4874
Sully R.d.C salle 3 vitrine 4
Représenté avec une poitrine généreuse et un abdomen volumineux, ce génie de la crue du Nil est coiffé de trois papyrusA141 émergeant de l’eau. Le Jour de l’An, que tout Egyptien respectait, était celui des temples et des campagnes lorsque Hâpy, l’Inondation, commençait à se répandre sur les terres. Il coïncidait avec les moments les plus chauds de l’année.
Souverains et prêtres transportaient la statue du culte sur la terrasse du temple afin de célébrer le renouveau du cycle annuel A142. Parents et amis échangeaient des cadeaux, notamment de petits vases remplis de l’eau sainte du Nil.
Au Moyen âge, la plupart des pays européens utilisaient le calendrier julien et fêtaient le jour de l’an le jour de l’Annonciation, le 25 mars. Le nouvel an juif a pour nom Rosh ha-Shana et célèbre la Création. Le passage scriptural le plus marquant de la liturgie est celui de la ligature d’Isaac sur l’autel (Genèse 22). Les peuples anciens chassaient souvent les démons avec du bruit le jour de la nouvelle année. Les juifs ont transformé cette pratique et soufflent dans le shofar pour préfigurer le jour où Dieu détruira le mal dans le monde. Les Chinois fêtent le nouvel an entre le 10 janvier et le 19 février. Chacun des douze animaux du zodiaque est associé à une nouvelle année.
Tête janiforme Br 551
Sully 1er salle 32 vitrine E1
Cette tête couronnait probablement une hampe de bois. Janus, un des plus anciens dieux romains, était représenté avec deux visages opposés, regardant l’un vers l’avant, l’autre vers l’arrière.
En 46 av.n.è. Jules César décida que le 1er janvier serait le Jour de l’An. Les Romains dédiaient ce jour à Janus, le dieu des portes et des commencements. Le mois de janvier lui doit son nom.
En 487 de n.è., l’Eglise chrétienne sanctifia le Jour de l’An. A143