Le motif narratif de cette plaque
est organisé en registres superposés
et il évoque déjà une structuration symbolique de l’espace et la place
de l’homme dans le monde. A1101
Il n’existe aucun mythe sumérien A120qui se rapporte formellement à la création de l’univers
Dans l’Enuma elish, long poème de la création en sept tablettes d’argile, Mardouk le champion ne l’emporte qu’après un combat acharné. Il coupe le corps de Tiamat, déesse de la mer primordiale. D’une moitié il fait la voûte du ciel, de l’autre la terre. Puis, ‘pour faire habiter les dieux dans une demeure qui réjouisse le cœur’, il créa l’humanité A121 . Selon le poème babylonien d’Atra-hasîs, les hommes sont créés pour le service des dieux. La création de l’homme relève ainsi d’un ordre de nécessité, et non d’un ordre de gratuité ou d’amour comme c’est le cas dans le récit biblique A122. Dans le Livre des Morts égyptien, l’homme provient des larmes de Ré. La Théogonie expose la conception grecque, imaginaire et barbare, de l’origine de l’univers.
A l’inverse du récit biblique,
« les cosmogonies babyloniennes sont toutes des transformations. On ne trouve jamais posée la question de l’origine des choses. Cette origine part toujours de quelque chose à transformer. »
J. Bottéro
Le poème babylonien est
mythologique et polythéiste.
La Genèse dénote
le monothéisme le plus élevé.
Le texte engendre chez l’homme
une disposition à adorer
envers le Créateur.
Toutes ces légendes se caractérisent par des traits communs comme le polythéisme ou la lutte violente entre les divinités pour la suprématie, ce qui contraste nettement avec le monothéisme hébreu propre au récit de la Genèse.
Tablette du dieu Enki AO 6020
Richelieu salle 3 vitrine 15 (4)
Cette tablette du Louvre porte la fin du mythe de création sumérien connu sous le nom « Enki et l’ordre du monde ».
Proche des hommes, Enki règle l’ordonnancement du monde et organise les mouvements du temps. C’est lui qui visite chacun des pays afin « d’en arrêter les destins ».
Célébré comme le dieu créateur et de la sagesse, il est aussi considéré comme le maître des eaux douces, dispensateur de fertilité.
Mythe de création archaïque AO 4153
Mythe de création sumérien AO 6724
Il existe en fait une telle divergence de fond entre les concepts de base des récits babylonien et hébreu qu’un emprunt au texte simple mais cohérent de la Genèse est inconcevable. A124
« Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » A123
Les biblistes sont unanimes : ce premier verset de la Bible évoque un acte distinct de ceux qui vont être accomplis durant les jours de création.
La Genèse n’enseigne pas que l’univers a été créé sur une courte période et dans un passé relativement proche.
D’ailleurs le mot hébreu traduit par ‘ jour ’ peut désigner des espaces de temps divers, et pas uniquement une période de 24 heures.
« Au commencement Dieu créa
les cieux et la terre »
Genèse 1:1
La Bible n’appuie pas l’idée créationniste selon laquelle l’ensemble de la création matérielle a été achevé en six jours de 24 heures.
L’univers matériel est décrit comme une expression de l’énergie dynamique de la grande Source de la vie. (Psaume 36:9). La Bible n’appuie donc pas l’idée créationniste selon laquelle l’ensemble de la création matérielle a été achevé en six jours de 24 heures.
D’ailleurs Jésus-Christ, ‘ l’habile ouvrier ’ qui était aux côtés de son Père lors de la création des cieux et de la terre (Genèse 1:26, Proverbes 8:22-31), croyait à l’existence du premier couple humain.
« N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès l’origine, les fit homme et femme ? » Matthieu 19:4.
Il précise qu’Abel vécut à ‘la fondation du monde’, et le désigne comme le premier martyr, victime de l’intolérance de son frère Caïn. – Luc 11:48-51.
Voir aussi,
Pièce d’échecs : Adam et Eve OA 3297
Sacrifice de Caïn et d’Abel OA 4052